mercredi 10 novembre 2010

Spartathlon - Logistique et gestion de course

Sur le Spartathlon, la logistique est simplifiée du fait qu'il y a un ravitaillement tous les 3 à 4 km, et qu'il est possible de confier autant de sacs que l'on souhaite à l'organisation en les étiquetant avec le N° du CP et le N° de dossard.

Il conviendra donc de courir le plus léger possible et de laisser dans les sacs (ou à son équipe d'assistance) tout ce qui peut être nécessaire en cours de route (changement de tenue pour la nuit par exemple). Inutile aussi de trimballer une grosse quantité d'eau et de nourriture.


I. Equipement

Chaussures
Les chaussures de route utilisées habituellement sur 100 km ou 24 heures conviendront. Il peut être utile si on en a, d'avoir une paire de chaussures de trail pour passer la montagne (que 5 km), surtout en cas de pluie, donc de prévoir une seconde paire de chaussures de route après la montagne. Si on a l'habitude de changer de chaussures sur un 24 heures, prévoir également des sacs pour effectuer un ou deux changements.

Habillement
La tenue de base sera évidemment débardeur ou tee-shirt manches courtes + short ou cuissard.
Penser à avoir une tenue suffisamment chaude surtout si on est frileux (en fonction de la météo) pour la nuit car c'est de nuit que se fait le passage en altitude (1100m): un tee-shirt manches longues, voire un coupe vent est suffisant.
Prévoir aussi le nécessaire en cas de risque de pluie (textile respirant et imperméable) et pour se changer (tee-shirts, chaussettes, ...).
Il est également primordial de protéger sa tête du soleil: casquette ou buff de rigueur sous peine d'insolation. Il peut être utile de prévoir une seconde casquette dans un sac pour le 2ème jour si l'on souhaite courir tête nue la nuit.

Transport liquide, nourriture, et autres
C'est un point primordial pour le confort de course. Le camelbak est à priori à exclure vu la chaleur et l'inutilité de transporter beaucoup de liquide. Le choix ira plutôt vers une ceinture porte bidon (500ml suffisent pour de la boisson énergétique par exemple) ou une simple ceinture banane + un bidon à main, voire d'un seul bidon à main en se servant de la poche du tee-shirt.
La capacité de la ceinture doit être suffisante (sans plus) pour y caser de façon pratique le nécessaire: quelques aliments à grignoter entre les ravitos ou en cas d'hypoglycémie, éventuellement des doses pour boisson énergétique, de la crème anti-frottement, un téléphone portable.
Le poids de la ceinture garnie, bidon rempli, devrait à peine dépasser 1 kg.
Dans tous les cas il faudra être à l'aise avec ce matériel, véritable "bouée de survie" du coureur solitaire, sur de longues durées, donc penser, comme pour tout le reste d'ailleurs, à le tester sur du (très) long.

Eclairage (voir et être vu)
Il est nécessaire de prévoir un sac avec une frontale (avec éventuellement des piles de rechange) déposé au CP correspondant au passage prévu le soir vers 19H. Il ne sera pas nécessaire de l'allumer tout le temps si le ciel est dégagé et que l'éclairage lunaire est suffisant. L'organisation peut prêter des lampes torche à main en cas d'oubli ou de panne.
Comme la route est ouverte à la circulation, il est important pour sa propre sécurité de bien être visible des automobilistes la nuit, donc prévoir des bandes réfléchissantes sur les vêtements utilisés la nuit ou tout autre dispositif.

Divers :
  • Crème anti-frottements : En mettre au départ selon son habitude + tubes dans les sacs laissés à l'organisation ou bien un tube sur soi si on est sensible à ce niveau.
  • Crème solaire : En mettre au départ + tubes dans les sacs aux CP selon l'heure de passage prévue (par exemple 13H le 1er jour, 8H et 13H le 2ème jour). Se pose la question de la réelle utilité de la crème solaire vu qu'on va rapidement la faire partir en s'aspergeant régulièrement. En mettre tout de même aux point sensibles: nez, oreilles, ...
  • Lunettes de soleil : Quasiment indispensables vu la luminosité pour éviter la fatigue oculaire. Prévoir une paire au départ + une paire dans un sac déposé au CP correspondant au passage prévu vers 7H. Penser à déposer également une paire de lunettes de vue normale pour la nuit (au CP prévu vers 19H) si besoin.
  • Pense-bête : Si le coureur ne dispose pas d'assistance, il est probable qu'à certains moment, sa lucidité ne sera plus suffisante pour gérer (à chaque CP) une multitude de choses simples: contrôler l'heure (avance, retard), penser à prendre le sac laissé là, s'obliger à manger, ... Un petit pense bête facile à consulter, clair, et concis (par exemple bande de papier plastifiée enroulée et attachée dans une poche de la ceinture afin de ne pas l'oublier à un CP) l'aidera à ne rien oublier et à se situer dans le temps. Pour chaque CP, on pourra noter: l'heure prévue, l'heure limite, la présence d'un sac (éventuellement si obligatoire / facultatif), si il faut s'alimenter. Le verso pourra comporter d'autres informations comme le profil altimétrique.
  • Montre / cardio : Une montre basique est suffisante pour contrôler l'écart avec les temps de passage prévus et/ou l'avance sur les barrières horaires vu que les heures de fermetures du CP et du CP suivant sont clairement indiquées sur un panneau.
  • Téléphone portable (chargé) : Pas indispensable, les CP sont rapprochés, le risque de se perdre est faible.
  • Ceinture porte dossard : Peut-être utile pour fixer le dossard en cas de changement de tenue vestimentaire, mais on peut très bien le fixer à sa ceinture porte-bidon ou à sa ceinture-banane.

II. Equipe d'assistance

L'assistance est optionnelle et n'est autorisée qu'à certains CP (voir liste à la fin de l'article "Parcours et barrières horaires"). Toute assistance est formellement interdite en dehors de ces points (14 au total) sous peine de disqualification immédiate.

L'assistance est évidemment un plus, tant sur le plan logistique (gain de temps: éviter de chercher les sacs déposés, de remplir le bidon, ...) que pour pallier le manque de lucidité (obliger le coureur à bien s'alimenter, à s'hydrater, ...), et également pour le mental (remotiver le coureur, la simple présence de proches aide certains à se surpasser).

Mais en aucun cas une assistance n'est indispensable (sauf peut-être à viser les toutes premières places), tout dépend du mental et de l'auto-discipline du coureur, de son habitude à se débrouiller seul sur une durée de course de 24 heures ou plus (par exemple tourner correctement sur un 24H sans assistance).

Là aussi, les courses de préparations de longue durée vont permettre soit à l'équipe d'assistance de se rôder, soit au coureur de d'arriver à tout gérer seul.


III. Ravitaillements - Temps passé aux CP

Des ravitaillements tant liquides (eau plate, eau gazeuse, Coca Cola, boisson énergétique) que solides (biscuits salés et sucrés, fruits secs, pain, riz au lait, ...) sont disponibles à chaque CP.
La nuit surtout, des boissons chaudes (café, thé, soupe) et des plats chauds (pâtes, riz, ...) sont disponibles à certains CP.

Ces ravitaillements sont assez hétéroclites, car ils dépendent de ce que les bénévoles apportent (pas de gestion centralisée). Les coureurs en fin de peloton auront souvent moins de choix disponible.

Pour ceux ne disposant pas d'assistance, notamment pour les estomacs délicats, il est intéressant de disposer du ravitaillement perso dans des sacs disposés à des points stratégiques de façon à en transporter un minimum sur soi (par exemple doses de sa poudre énergétique favorite), quelques gels, barres énergétiques, ... ou autres douceurs au moins aussi bonnes pour le mental que pour les calories apportées!

Un élément important de la gestion de course est d'estimer le temps passé dans les différents CP afin de ne pas être pris au dépourvu le jour J en ayant calculé des temps de passage sans tenir compte de ces arrêts, générant alors une "sur-vitesse" entre les CP et/ou des ravitaillements bâclés pour tenter de respecter ces temps.

Des arrêts plus ou moins longs sont indispensables pour s'hydrater, humidifier certaines parties du corps, et s'alimenter régulièrement, ainsi que pour les opérations moins fréquentes (changement de tenue jour / nuit), repasser de la crème anti-frottements, de la crème solaire, ...

L'idée est d'être détendu et concentré afin de ne rien oublier, d'aller à l'essentiel sans traîner, mais sans se précipiter pour autant.

Il est souhaitable de mesurer ce temps lors de courses de préparation et nécessaire de tenir compte de ces "temps morts" pour estimer son allure de course effective (hors arrêts).

Concernant le temps passé au différents checkpoints, cette étude de Rune Larsson (en Anglais), basée sur des mesures effectuées lors de l'édition 1997, est assez instructive: "Time spent at refreshment points in the 1997 Spartathlon".

On s'aperçoit que même les plus rapides passent environ 2 heures à l'arrêt sur l'ensemble des 75 CP du parcours, alors que Rune Larsson estime qu'une heure  suffit, soit 2 fois moins:
  • 50 CP avec seulement 30" d'arrêt pour boire et s"humidifier => 25'
  • 20 CP avec 1' d'arrêt pour en plus s'alimenter => 20'
  • 5 CP avec 3' d'arrêt pour en plus se changer, "re-noker", ... => 15'
Cela semble correct pour les temps d'arrêt pour hydratation, mais 25 arrêts pour alimentation paraît trop peu, car cela revient à s'alimenter seulement toutes les 1H15 à 1H30. Les autres durées d'arrêt semblent un peu juste, notamment pour des coureurs n'ayant pas d'assistance (il faut souvent chercher sur les tables, baragouiner en anglais quand on est exténué pour demander son sac, ...).

Etablir une "routine" à respecter à chaque CP selon ce qu'on a à y faire évitera les oublis et limitera la perte de temps quand la lucidité diminuera.
Exemple :
  1. Demander son sac (si on en a laissé là)
  2. Appliquer la NOK et la crème solaire si nécessaire
  3. Se changer si nécessaire
  4. Rendre son sac
  5. Boire de l'eau plate ou gazeuse
  6. Recharger son bidon en boisson énergétique si vide ou presque
  7. S'humidifier en fonction de la chaleur : tremper la casquette, visage, bras, cuisses, mollets

Avec alimentation toutes les 45' environ, 1'30" pour les ravitaillements avec alimentation, et 4' pour les pauses les plus longues, cela fait 1H40 d'arrêts ravitaillement au total:
  • 30 CP avec seulement 30" d'arrêt pour boire et s"humidifier => 15'
  • 40 CP avec 1'30" d'arrêt pour en plus s'alimenter => 1H00'
  • 5 CP avec 5' d'arrêt pour en plus se changer, "re-noker", ... => 25'
Si l'on rajoute 20' (c'est peu) pour diverses pauses non planifiées mais plus que probables: pauses techniques, ôter les cailloux des chaussures, ..., ce sont près de 2 heures pendant lesquelles on ne progresse pas (évidemment davantage en cas de problème important: soucis gastriques, grosse fatigue, soins ampoules, ...), soit environ 5% du temps total en course (si tout se passe bien), ce qui implique donc de courir 5% plus vite que la moyenne "brute" envisagée, c'est loin d'être négligeable...


IV. Sacs à déposer (coureur sans assistance)

La prise en compte des données précédentes suggère où déposer ses sacs en fonction des temps de passages prévus aux différents CP.
Il peut être intéressant de passer le moins de temps possible au CP N°22 (Hellas Can, 1er CP où l'assistance est autorisée) afin d'échapper à la tentation du confort qu'on y trouve et à la compagnie de coureurs en détresse. Par ailleurs ce CP risque d'être un peu saturé et y retrouver son sac prendra davantage de temps que dans un CP plus calme.

Exemple pour un coureur prévoyant environ 34H :
  • CP N°18, (Agii Theodori / km 66,3) vers 14H (7H de course) : Nourriture, chaussettes, crème solaire, crème NOK
  • CP N°32 (Halkion / km 113,1) vers 20H (13H de course) : Nourriture, tee-shirt manches courtes, tee-shirt manches longues, lunettes de vue, frontale, chaussettes, chaussures route, crème NOK 
  • CP N°38 -facultatif si frais- (Underground Passage / km 133) vers 23H (16H de course) : Nourriture, tee-shirt manches longues
  • CP N°47 (Mountain Base / km 159,3) vers 03H (20H de course) : Nourriture, chaussettes, tee-shirt manches longues, coupe-vent, chaussures trail, crème NOK 
  • CP N°49 -facultatif si chaussures trail utilisées- (Sangas Village / km 154,3) vers 04H (21H de course) : Chaussettes, chaussures route
  • CP N°57 (Zevgolatio Arkadia / km 186) vers 07H30 (24H30 de course) : Nourriture, chaussettes, tee-shirt manches courtes, casquette ou buff, crème solaire, crème NOK
  • CP N°66 (Small White Shrine / km 215) vers 12H30 (29H30 de course) : Nourriture, chaussettes, tee-shirt manches courtes, crème solaire, crème NOK


V. Gestion de course

La première chose est de se fixer plus ou moins un objectif chronométrique, même si le but sera souvent uniquement de terminer dans le délai imparti de 36 heures, surtout s'il s'agit d'une première participation.
La table de correspondance 24 heures <=> Spartathlon de la page "Niveau et expérience requis" peut vous y aider. Vous pouvez également vous comparer à des finishers sur des épreuves route (ou trail très roulant genre Grand Raid du Morbihan) de durée de l'ordre de 24 heures.

Comme la course fait environ 150 miles, certains concurrents anglo-saxons découpent le parcours en 3 tronçons de longueur similaire (environ 50 miles):
  1. CP N°22 (Hellas Can), km 81 (premier CP avec assistance), soit D1 = 81 km
  2. CP N°49 (Sangas Village), km 164,3 (CP qui suit la "montagne"), soit D2 = 83,3 km
  3. CP N°75 (Sparta), km 245,3 (arrivée), soit D3 = 81 km
et appliquent une répartition du genre 8H + 10H + 12H (exemple pour un objectif de 30 heures, c'est 4/15e - 5/15e - 6/15e en proportions), ce qui permet de fixer 2 gros objectifs intermédiaires, sauf que cette répartition tient seulement compte de la perte de vitesse liée à la fatigue et pas du profile du parcours.

Pour un coureur en plus de 30 heures, on peut estimer (hors fatigue cumulée), les coefficients suivants par rapport à un tracé plat par météo idéale (le coefficient global du parcours Cp = [Cp1+Cp2+Cp3]/3 étant d'environ 1,1 d'après l'estimation faite dans la partie "Niveau et expérience requis"):
  1. Le premier tronçon est (relativement) plat mais couru en grande partie sous la chaleur -plus la pollution au départ-.  => Cp1 = 1,06
  2. Le deuxième tronçon est de loin le plus difficile (portions de chemin, sentier de montagne, environ les 2/3 du D+ total), mais couru en majorité dans une atmosphère plus fraîche. => Cp2 = 1,21
  3. Le dernier tronçon peut, comme le premier, être couru en grande partie sous la chaleur, surtout pour ceux qui arriveront peu avant la limite des 36 heures, mais il est (globalement) descendant. => Cp3 = 1,03
Concernant la fatigue, on peut partir -pour les concurrents dont le temps final est proche de 36 heures- sur une déperdition de vitesse entre le 1er et le 2ème tronçon de l'ordre de celle constatée entre le 1er et le 2ème 12H d'un 24H, puis d'une déperdition du même ordre entre le 2ème et le 3ème tronçon. Pour l'élite, vers 24 heures, la répartition théorique sera plutôt similaire aux 3 x 8 heures d'un 24 heures, mais pour les premiers, l'aspect tactique joue aussi et certains partent sur un rythme très rapide. La météo joue également un rôle important (plus ou moins forte chaleur, orages, ...).

Sur un 24 heures, la répartition du kilométrage 55% / 45% est le signe d'une course maîtrisée, soit en gros: Vitesse moyenne des 12 dernières heures = 0,82 x Vitesse moyenne des 12 premières heures. Soit Cf = 0,82 (plus proche de 0,90 pour l'élite).
On retombe donc à peu près sur la répartition 8 + 10 + 12.

En tenant compte du profil du parcours, on obtient :
  T = Cp1*D1/Vc1 + Cp2*D2/(Cf*Vc1) + Cp3*D3/(Cf*Cf*Vc1)
où T est le temps final, D1, D2, et D3 les distances de chaque tronçon, Vc1 la vitesse moyenne du premier tronçon corrigée en fonction du profil.
  => Vc1 = (D1*Cp1 + D2*Cp2/Cf + D3*Cp3/ (Cf*Cf))  /  T
  => V1 = Vc1 / Cp1
  => V2 = Cf * Vc1 / Cp2
  => V3 = Cf * Cf * Vc1 / Cp3

En étudiant les temps intermédiaires de 2010, et en prenant les temps de passage aux CP N°22 (Hellas Can, km 81) et N°52 (Nestani, km 172) comme limites des tronçons, soit des tronçons de 81, 91, et 73,3 km, il est possible de comparer les temps de passage effectifs avec les temps théoriques calculés. De plus, on peut déduire le coefficient de fatigue Cf (qui minimise la somme des écarts sur ces 3 tronçons).
Voici quelques exemples de résultats répartis sur l'ensemble du peloton (entre parenthèses le temps calculé par tronçon):
  • Yannis Kouros (record, 1984) : 20H25 -  5H32 (5H33) - 8H28 (8H16) - 6H25 (6H36) - Cf=0,86
  • Ivan Cudin (1er) : 23H03 -  6H45 (6H38) - 9H00 (9H22) - 7H18 (7H03) - Cf=0,91
  • Jan Albert Lantink (2ème) : 23H31 -  6H30 (6H33) - 9H34 (9H32) - 7H27 (7H26) - Cf=0,88
  • Jan Prochaska (3ème) : 24H56 -  7H30 (7H21) - 9H57 (10H08) - 7H29 (7H28) - Cf=0,93
  • Denis Dupoirieux (6ème) : 27H50 - 7H15 (7H17) - 11H32 (11H15) - 9H03 (9H18) - Cf=0,83
  • Patrick Hösl (7ème) : 28H15 - 8H04 (8H03) - 11H25 (11H28) - 8H46 (8H44) - Cf=0,90
  • Attila Toth (12ème) : 29H37 - 7H43 (7H45) - 12H27 (11H58) - 9H27 (9H54) - Cf=0,83 
  • Emily Gelder (14ème, 1ère F) : 30H17 - 7H30 (7H31) - 12H29 (12H12) - 10H18 (10H35) - Cf=0,79
  • Masumi Yoshimura (32ème, 2ème F) : 32H33 - 8H45 (8H51) - 13H35 (13H11) - 10H13 (10H31) - Cf=0,86
  • Heather Foundling-Hawker (34ème, 3ème F) : 32H43 - 7H20 (7H25) - 14H33 (13H03) - 10H50 (12H15) - Cf=0,73
  • Gilles Pallaruelo (36ème) : 32H52 - 8H16 (8H16) - 13H31 (13H15) - 11H05 (11H21) - Cf=0,80
  • James Adams (42ème) : 33H25 - 8H35 (8H38) - 14H09 (13H30) - 10H41 (11H17) - Cf=0,82 
  • John O'Regan (68ème) : 34H14 - 8H35 (8H43) - 15H08 (13H50) - 10H31 (11H41) - Cf=0,81 
  • Alfred Schippels (114ème, 75 ans) : 35H23 - 8H50 (8H54) - 15H15 (14H16) - 11H18 (12H13) - Cf=0,80 
  • Adalberto Sabatella (128ème) : 35H50 - 9H15 (9H15) - 15H02 (14H29) - 11H33 (12H06) - Cf=0,82 
Il faudrait disposer des temps intermédiaires d'autres années afin de lisser les écarts dus à la météo (fortes pluies vers la mi-course en 2010 par exemple).

On constate tout de même que :
  • Sauf cas extrêmes (Heather Foundling-Hawker par exemple semble avoir eu un gros soucis vers la mi-course), cela fonctionne plutôt bien.
  • Les plus rapides on effectivement un Cf proche de 0,90. Le 3ème a effectué un départ très prudent qui s'est avéré payant (fort Cf), contrairement au 2ème qui s'est fait doubler par le vainqueur très régulier. Les écarts avec la théorie sont faibles.
  • Yannis Kouros est parti vite (comme à son habitude), d'où un mauvais Cf pour son niveau (aurait-il fait encore mieux en partant moins vite?).
  • La 2ème F Masumi Yoshimura ainsi que le 8ème Patrick Hösl ont très bien géré leur course (fort Cf à ce niveau, départ prudent), écarts très faibles par rapport aux calculs.
  • A l'arrière du peloton, le Cf est effectivement proche de 0,80. En dessous, c'est clairement un départ trop rapide (ou un gros soucis en cours de route). On note que le dernier tronçon est couru relativement plus vite que le second, c'est le pur effet des barrières horaires.
En effectuant les calculs, on obtient pour 3 tronçons délimités par les CP N°22 et 52:
  • T = 24H (Cf = 0,90) => 6H50 (11,9 km/h) - 9H45 (9,3 km/h) - 7H25 (9,9 km/h)
  • T = 27H (Cf = 0,88) => 7H30 (10,8 km/h) - 11H00 (8,3 km/h) - 8H30 (8,6 km/h)
  • T = 30H (Cf = 0,86) => 8H10 (9,9 km/h) - 12H10 (7,5 km/h) - 9H40 (7,6 km/h)
  • T = 33H (Cf = 0,84) => 8H45 (9,3 km/h) - 13H20 (6,8 km/h) - 10H55 (6,7 km/h)
  • T = 36H (Cf = 0,82) => 9H20 (8,7 km/h) - 14H30 (6,3 km/h) - 12H10 (6,0 km/h)
On peut très bien se baser sur ces valeurs pour extrapoler pour les objectifs de temps intermédiaires, ainsi que les temps de passage à d'autres CP intermédiaires (hors début de course) en tenant compte du profil du parcours et de l'écart avec les barrières horaires.

En comparant les derniers chiffres avec les barrières horaires, on obtient:
  1. CP 0 - CP N°22 (81 km) : Barrière=16H30 (9H30 - 8,5 km/h) / Calcul=16H20 (9H20 - 8,7 km/h)
  2. CP N°22 - CP N°52 (91 km) : Barrière=07H30 (15H00 - 6,1 km/h) / Calcul=06H50 (14H30 - 6,3 km/h)
  3. CP N° 52 - CP N°75 (73,3 km) : Barrière=19H00 (11H30 - 6,4 km/h) / Calcul=19H00 (12H10 - 6,0 km/h)
On remarque immédiatement deux choses :
  • La barrière horaire du CP N°22 (km 81) qui paraît très contraignante au premier abord correspond assez précisément à la vitesse théorique (en fait c'est uniquement la vitesse exigée pour les 25 premiers km qui est "aberrante" et nécessitera un ralentissement volontaire pour ceux qui visent "simplement" d'arriver à Sparte).
  • La vitesse moyenne demandée pour le 3ème tronçon est plus élevée que pour le 2ème (+0,3 km/h), alors que la déperdition "naturelle" est d'environ 0,3 km/h, soit un écart non négligeable de 0,6 km/h. Ceci est sans doute dû au fait que les calculs ont été fait en proportion des vitesses de l'élite.
On constate alors qu'un coureur flirtant avec les barrières horaires vers la mi-course va devoir accélérer dans le dernier tiers s'il ne veut pas être rattrapé par le bus balai (ce que beaucoup parviennent à faire au vu des temps de passage), alors que la fatigue s'accumule et que la chaleur est de retour...
Il vaudra mieux prendre une avance relativement conséquente sur les barrières horaires lors du 2ème tronçon! Une avance d'un peu moins d'une heure à l'abord du dernier 1/3 de l'épreuve semble suffisante pour gérer sereinement la fin.

Attention : Comme précisé plus haut au niveau du temps passé aux différents CP, il convient de prévoir de 1H20 à 2H00 à l'arrêt en fonction de l'objectif, ce qui donne les temps de course et les moyennes horaires effectives suivantes:
  • T = 24H (1H20 d'arrêts) => 6H27 (12,54 km/h) - 9H12 (9,89 km/h) - 7H01 (10,46 km/h)
  • T = 27H (1H30 d'arrêts) => 7H06 (11,41 km/h) - 10H21 (8,80 km/h) - 8H03 (9,10 km/h)
  • T = 30H (1H40 d'arrêts) => 7H42 (10,52 km/h) - 11H29 (7,93 km/h) - 9H09 (8,01km/h)
  • T = 33H (1H50 d'arrêts) => 8H15 (9,81 km/h) - 12H37 (7,22 km/h) - 10H18 (7,12 km/h)
  • T = 36H (2H00 d'arrêts) => 8H47 (9,22 km/h) - 13H44 (6,63 km/h) - 11H29 (6,38 km/h)
Revenons à la contrainte du départ rapide sur les 25 premiers km. La moyenne requise est de plus de 10 km/h sur cette partie initiale. Si l'on se réfère à la moyenne horaire calculée pour la section CP 0 - CP N°22, tous les coureurs visant plus de 30 heures au final seront nécessairement en sur-vitesse et devront ensuite décélérer progressivement jusqu'au km 40 (CP N°10) à partir duquel les moyennes des barrières deviennent inférieures à leur vitesse de croisière prévue pour cette section. Il est important de bien digérer ces 10' à 20' "gagnées" en partant plus vite, au prix s'il le faut d'un ralentissement temporaire, voire d'arrêts aux ravitaillements suivants un peu plus marqués surtout s'il fait très chaud.

Il est important de faire SA course dès le coup de pistolet sans s'occuper des autres concurrents (hormis le cas où il convient de porter secours à un coureur en détresse évidemment). C'est notamment le cas au départ où il faut partir suffisamment vite puisque les barrières horaires l'exigent, mais sans s'emballer tout de même.

Tous ces temps de passage sont donnés à titre purement indicatif. Il conviendra de lâcher un peu de lest sans arrière pensée en cas de surchauffe ou autre difficulté passagère, et éventuellement de prendre un peu d'avance, notamment une fois la chaleur retombée, si tous les voyants sont au vert mais sans excès d'enthousiasme prématuré à ce niveau de la course.

La courbe de distribution des arrivants est assez parlante: c'est une demi-gaussienne. En effet, la moitié de droite manquante correspond aux concurrents ayant abandonnés (pile 50% de finishers en 2011).
Distribution des arrivants du Spartathlon 2011 heure par heure
Références :


dimanche 7 novembre 2010

Spartathlon - Niveau et expérience requis

Cet article tente de déterminer les performances nécessaires pour espérer raisonnablement être finisher du Spartathlon.

Au delà des pures performances chronométriques, de l'expérience sur des courses se rapprochant du Spartathlon par certains cotés sera un avantage.


Rappelons les prérequis demandés par l'organisation :
  • soit un 100 km en moins de 10H30,
  • soit une course en ligne d'au moins 200 km terminée dans les délais (sans exigence de performance).
Bien entendu, ces prérequis ne sont que des minimas, il est évident qu'un dossier ne contenant qu'un 100 bornes en 10H29 ou un 200 km en 40 heures ne sera pas retenu.


Ceci étant dit, il faut prendre en compte les différentes contraintes :
  • 245,3 km en moins de 36 heures,
  • les 81 premiers km à 9 km/h environ dont les 25 premiers à près de 10,5 km/h,
  • la température qui est encore souvent de 30 °C, voire 35°C à fin septembre en Grèce,
  • le D+ cumulé est d'environ 2800 mètres,
  • le passage de la "montagne" est relativement technique et peut faire perdre du temps.

I. Estimation des performances minimum sur 100 km et 24 heures

La contrainte du départ rapide implique qu'un coureur valant 10H30, voire même 10H sur un 100 km roulant couru dans de bonnes conditions n'aura pas suffisamment de marge de "vitesse" (si on peut appeler vitesse la moyenne qu'on peut tenir sur 100 km), ceci d'autant plus qu'il aura dû courir les 25 premiers km plus rapidement que sa vitesse spécifique 100 km.
Il risque fort de dépenser quasiment toute son énergie uniquement pour arriver avec très peu d'avance sur la barrière horaire au CP N°22 (Hellas Can, km 81). La probabilité qu'il abandonne à cet endroit est forte, et s'il a encore la force de repartir, il le paiera un peu plus loin.

Une vitesse de 10,5 km/h sur 100 bornes semble bien être un minimum, soit une performance minimum de 9H30 sur 100 km, afin de pouvoir se permettre de courir un peu "en dedans" sur la 1ère section jusqu'à Corinthe.

C'est d'ailleurs ce que dit Rune Larsson en préambule de sa page de conseils "How tu run Spartahlon" qui a terminé plus de 10 fois l'épreuve (et l'a gagnée 3 fois): "The cutoff times are rather challenging.  One needs a good margin to his or her maximum capacity. If you can not break 10 hours in 100 kilometers, you will have a rather slim chance to make it all the way to Sparta within 36 hours.  If you can run 100 kilometers faster than nine hours, you have reasonable odds.".


Passons maintenant à l'endurance nécessaire pour espérer aller au bout dans les délais, car une performance sur 100 km, fut elle sous les 8 heures ne démontre en rien la capacité d'un coureur à tenir sur les 245,3 km. Il n'y à qu'à constater la difficulté qu'ont certains (bons) centbornards à monter sur 24 heures pour s'en convaincre.

Prenons comme étalon de cette endurance la marque obtenue sur une épreuve de 24H courue dans de bonnes conditions et tentons de la rapprocher du Spartathlon.

Tentons d'abord de corriger la distance de l'épreuve pour la faire correspondre à un parcours plat couru dans des conditions idéales de température:
  • Pour le D+ : Ajoutons 0,5 km pour 100m de D+ (ordre de grandeur constaté sur parcours roulant avec dénivelé type 100 km de Millau, c'est une moyenne, ça dépend bien sûr des qualités de grimpeur / descendeur) => +14 km environ pour 2800m de D+
  • Pour la partie technique "montagne", ajoutons 20 minutes (par rapport à l'équivalent sur route) => +2 km environ
  • Pour la température, ajoutons 8% sur les heures chaudes (là encore ça dépend de la résistance à la chaleur), soit 18 heures (9 heures le vendredi + 9 heures le samedi), soit 4% sur l'ensemble vu que ça fait juste la moitié => +10 km environ
Total : + 26 km, soit un équivalent de 269 km en 36H sur terrain plat dans des conditions optimales (vitesse moyenne: 7,47 km/h)

Si l'on se base sur une durée de 36 heures, il faut tenir compte que la durée de course est supérieure de 50% à celle d'un 24H.
Or, pour un 48H, le kilométrage est en moyenne de 1,55 x la marque sur 24H (source Ultrafondus), soit une vitesse 48H = 0,775 x vitesse 24H. On peut donc estimer que la vitesse 36H = 0,89 x vitesse 24H.
Pour notre objectif, cela donne une vitesse 24H de 7,47 / 0,90 = 8,39 km/h, soit une marque de 199 km.

Comme en général, les courses horaires sont, pour la plupart des coureurs (mais ça dépend vraiment du mental) un peu "pénalisantes" pour la performance par rapport aux courses en ligne (compter 2% à 3% de vitesse moyenne en moins sur une course horaire par rapport à une course en ligne de durée similaire courue dans les mêmes conditions), on peut ramener cette marque minimum plutôt vers 194 km (199 - 2,5 %).

En conclusion, il est fortement souhaitable d'avoir une marque supérieure à 190 km sur 24 heures pour envisager sereinement d'être finisher. Une marque inférieure à 180 km ne laisse quasiment aucun espoir.

Note : C'est d'ailleurs l'avis de Hervé Bec.

Sur ce principe, il est d'ailleurs possible d'établir une table de correspondance entre le temps envisageable au Spartathlon et la marque sur un 24 heures.

Table de correspondance Marque 24H => Temps Spartathlon (coef utilisé)

293 - 305 km => 20H - 21H (coef 0,962)
281 - 293 km => 21H - 22H (coef 0,955)
271 - 281 km => 22H - 23H (coef 0,947)
262 - 271 km => 23H - 24H (coef 0,939)
254 - 262 km => 24H - 25H (coef 0,931)
246 - 254 km => 25H - 26H (coef 0,924)
239 - 246 km => 26H - 27H (coef 0,916)
232 - 239 km => 27H - 28H (coef 0,908)
226 - 232 km => 28H - 29H (coef 0,900)
221 - 226 km => 29H - 30H (coef 0,893)
216 - 221 km => 30H - 31H (coef 0,885)
211 - 216 km => 31H - 32H (coef 0,877)
206 - 211 km => 32H - 33H (coef 0,869)
202 - 206 km => 33H - 34H (coef 0,861)
198 - 202 km => 34H - 35H (coef 0,854)
194 - 198 km => 35H - 36H (coef 0,846)

Calcul :
Le coefficient est celui utilisé dans la relation "Vitesse moyenne Spartathlon = coef x Vitesse moyenne 24H".
  • Avec "coef = (245,3 / 269) * coefficient correcteur / 0,975"
  • Le coefficient correcteur est en fonction de la durée de course comme calculé précédemment (0,90 pour 36 heures, 1 pour 24 heures par définition, puis au prorata par tranche horaire).
  • 0,975 est pour tenir compte du gain de 2,5% sur une course en ligne par rapport à une course horaire.
Par exemple, un coureur valant 213 km sur 24H (soit 8,877 km/h) peut raisonnablement espérer une moyenne horaire de 8,875 * 0,877 = 7,783 km/h sur le Spartathlon, soit environ 31H30.

Quelques cas concrets (source : base de données d-u-v.org)
  • Record mondial Yannis Kouros : 24H = 303,5 km => 20H10, proche de 20H25 le record du Spartahlon
  • Record Scott Jurek : 24H = 266,7 km => 23H30 alors que son meilleur temps sur l'épreuve est 22H20, mais Jurek n'est pas vraiment un coureur de 24H
  • Record Ivan Cudin : 24H = 263,5 km => 23H47, meilleure réalisation: 23H07
  • Record Sumie Inagaki : 24H = 241,4 km => 26H37, meilleure réalisation: 27H39
  • Record Hervé Bec : 24H = 216,4 km => 30H45, meilleure réalisation: 32H31 (plutôt un coureur de courses horaires?)
  • Record Gilles Pallaruelo : 24H = 202,7 km => 33H44, meilleure réalisation: 32H24
On voit que cela fonctionne avec une certaine marge d'erreur dans un sens ou dans l'autre en fonction de la spécificité du coureur. Il est évident que les conditions météo jouent beaucoup, ainsi que le nombre de participations (un nombre important de participations tant sur 24 heures qu'au Spartathlon donnera des chiffres plus fiables).



II. Expérience nécessaire

Passons maintenant à l'expérience nécessaire, ou tout du moins conseillée pour être prêt à relever un tel défi. Car des références suffisantes sur 100 km et sur 24H c'est bien, mais avoir également couru des épreuves ayant des points communs avec le Spartathlon c'est mieux.

Différentes caractéristiques sont à prendre en compte :
  • Durée de course de 24H ou davantage (donc courir de nuit)
  • Forte chaleur
  • Dénivelé assez conséquent
  • Gestion de ravitaillements similaires
  • Courir de nuit sur un sentier escarpé

Voici quelques courses intéressantes en France :
  • Les 24 heures, surtout ceux où il risque de faire chaud, soit entre autres: 24H de Roche La Molière (début juin), 24H des Yvelines (fin mai), 24H de Saint-Maixent l'Ecole (mi septembre) Ils permettent de se confronter à la fatigue d'une course de 24 heures et à la course de nuit. Les ravitaillements sont plus fréquents (il faudrait ne ravitailler qu'un tour sur trois pour être dans les conditions du Spartahlon). S'il a fait chaud, on peut considérer qu'une performance de 180 km permet d'envisager être finisher au Spartathlon.
  • Le Grand Raid du Golfe du Morbihan (177 km, fin juin) comporte plus de chemins que de bitume et les ravitaillements sont assez espacés, mais son profil assez roulant et le fait qu'il puisse faire chaud en font une course intéressante. Le Grand Raid du Golfe du Morbihan peut très bien servir de référence à la place d'un 24 heures. Dans ce cas, il convient de le boucler en moins de 25 / 26 heures, voire un peu plus vite s'il ne fait pas chaud, pour espérer terminer dans les délais au Spartahlon.
  • L'Integrale de Riquet (240 km, début juillet si tant est qu'elle est encore lieu) présente un parcours de longueur similaire au Spartathlon et la chaleur est souvent au rendez-vous. Par contre, il n'y a quasiment pas de dénivelé, essentiellement des chemin de halage, et le ravitaillement est fourni par l'accompagnateur vélo obligatoire. Un chrono de l'ordre de 33 / 34 heures  (ou plus en cas de forte chaleur) serait satisfaisant pour pouvoir terminer le Spartathlon.
  • Les épreuves de 100 km avec du dénivelé et risquant de se dérouler par temps chaud sont également intéressantes. Courues sans accompagnateur, les ravitaillements sont espacés de 5 km ce qui est similaire au Spartathlon. Les 100 km suivants peuvent convenir: 100 km du Morvan (début juillet), 100 km du Semnon (fin septembre), 100 km de Millau (fin septembre). Evidemment, sur de tels parcours, il faudra enlever environ 30 minutes, voire 1 heure en cas de forte chaleur (sans doute encore plus pour le Morvan), pour obtenir un temps de référence cohérent sur 100 km.
Pour s'habituer à courir de nuit sur un sentier de montagne, il suffira de le faire à l'entraînement ou bien sur un trail court en nocturne (il y en a de plus en plus), précédé éventuellement d'une sortie longue afin de simuler un peu de fatigue.

Des courses à étapes pas trop longues du genre Etoile Savoyarde (360 km en 6 étapes de 50 à 70 km sur bitume en montagne, début juillet) peuvent aussi s'avérer intéressantes.


Note :  L'article relatif à la préparation spécifique reviendra sur certaines courses à caser éventuellement en préparation durant les mois précédent l'épreuve. Le présent article liste des courses utiles pour acquérir de l'expérience sur plusieurs années, indépendamment d'une préparation spécifique.


lundi 1 novembre 2010

Spartathlon - Parcours et barrières horaires


Le parcours en bref

L'objectif de cet article est d'appréhender le parcours des 245,3 km (soit pas loin de 6 marathons tout de même) du Spartathlon entre Athènes et Sparte en en décrivant les différentes sections, mais surtout de situer ces fameuses et exigeantes barrières horaires qui "rattrapent" rapidement le coureur en difficulté pour le pousser dans le bus balai. Un autre article abordera spécifiquement la gestion de course, ici il s'agit de bien se représenter les vitesses de course nécessaires.

Les coureurs s'élancent de l'Acropole d'Athènes pour se diriger vers l'ouest en longeant la Mer Egée via Megara et quittent l'Attique en franchissant l'isthme de Corinthe pour pénétrer dans le Péloponnèse. Après être remontés brièvement en direction du nord-ouest vers la Mer Ionienne jusqu'à Assos, ils bifurquent ensuite vers le sud-ouest pour passer Némée puis Nestani. Puis c'est plein sud jusqu'à Sparte.
(source: site officiel)
L'essentiel du parcours est constitué de bitume, mais il y a une section de chemin non asphalté vers la mi-parcours après Némée, et surtout un sentier de montagne s'élevant à près de 1100m d'altitude vers les 2/3 du parcours, donc de nuit pour l'ensemble des coureurs.
Le dénivelé positif cumulé mesuré avec OpenRunner à partir de la trace GPS du site officiel est de 2636 mètres (dénivelé négatif: 2539 mètres).
Profil du Spartathlon (source: Trace GPS du site officiel et OpenRunner)
Parcours sur OpenRunner


Les barrières horaires

Le délai imparti est de 36 heures afin de respecter le temps supposé mis par Philippidès pour achever sa mission, soit une vitesse moyenne de 6,81 km/h.
Le départ se fait à l'aube le vendredi à 7 heures. Il s'agit donc d'arriver à Sparte et de toucher le pied de la statue de Léonidas avant 19 heures le lendemain.

Il y a 75 CP (CP pour check point ou poste de contrôle) en comptant l'arrivée à Sparte, soit en moyenne un CP tous les 3 à 4 kilomètres, ce qui permet de courir très "léger".

Devant le checkpoint, un panneau indique :
  • le numéro du CP,
  • le nombre de kilomètres parcourus,
  • l'heure de fermeture du CP,
  • le nombre de kilomètres restants pour arriver à Sparte,
  • le numéro du CP suivant,
  • le nombre de kilomètres à parcourir jusqu'au prochain CP,
  • l'heure de fermeture du prochain CP.
Panneau de checkpoint (source: Pheathon / panoramio.com)
La liste complète de ces CP est indiquée à la fin de l'article. Chaque CP dispose de ravitaillements liquides et solides. Les coureurs disposant d'une équipe d'assistance ne peuvent se faire aider qu'à certains CP (tous les 10 à 15 km), mais seulement à partir du CP N°22 (Hellas Can, km 81).

Parcourir 245,3 km en 36 heures c'est déjà une performance honorable dans l'absolu (175 km en 24 heures puis 70,3 km en 12 heures par exemple) sur terrain plat, avec une météo clémente, et en maîtrisant sa gestion d'allure. Mais vu que le parcours n'est jamais plat (près de 2800m de dénivelé positif cumulé), et que les conditions météo sont éprouvantes (souvent près de 35°C à l'ombre, et parfois très frais de nuit dans la montagne), on comprend vite que le Spartathlon est une des épreuves d'ultra marathon les plus dures au monde.

Histoire de durcir encore la course s'il en était besoin, chaque CP possède sa propre barrière horaire. En outre, les barrières horaire en début de course sont telles qu'elles imposent un départ relativement rapide compte tenu de la chaleur, du profil, et aussi de la pollution les premières heures dans la banlieue d'Athènes.
Ceci qui peut avoir pour effet de mettre en "sur-régime" dès le début de course un coureur de type "diesel" ayant pour (bonne) habitude de gérer ses débuts de course prudemment.

En effet, il s'agit de repartir du CP N°22 au km 81 (Hellas Can juste après avoir franchi l'isthme de Corinthe) avant 16H30, soit une moyenne tout de même légèrement supérieure à 8,5 km/h.
Quand on regarde le détail des barrières horaires des premiers CP, on s'aperçoit qu'il faut partir encore plus vite: un peu plus de 10 km/h sur les 20 premiers kilomètres, bref tout le contraire d'un départ prudent pour la grande majorité du peloton!
Il faudra donc courir un peu plus vite que ces valeurs afin de disposer d'une marge de sécurité, mais pas trop, et surtout ralentir dès que la vitesse imposée par les délais éliminatoires va baisser afin de ne pas s'épuiser aussi tôt car la journée avançant il risque de faire (très) chaud.

Après Corinthe, les barrières horaires sont davantage homogènes, ce qui ne veut pas dire faciles. Les coureurs ayant peu d'avance sur elles n'auront aucun répit.


Le parcours est traditionnellement découpé en 6 sections.

Section I Athènes (Acropole, CP 0) --> Corinthe (Hellas Can, CP N°22, km 81)

Le départ a lieu le vendredi à l'aube, au pied de l'Acropole à 7 heures.
Le départ de 2006 à l'Acropole (source: site officiel)
Les coureurs empruntent ensuite la Voie Sacrée (Iera Odos) jusqu'au monastère de Daphni et continuent via Aspropirgos jusqu'à Eleusis. Puis ils suivent l'ancienne route vers Corinthe.
Cette zone industrielle à l'ouest d'Athènes est une succession de raffineries de pétrole et autres usines, pas vraiment la carte postale de la Grèce... La pollution, les odeurs de pétrole, et surtout la température qui monte commencent déjà à durcir la course.
Vers le km 27 / CP N°6 (2007, source: spartathlonitis.blogspot.com)
Les coureurs passent à Loutropirgos, puis à Megara juste avant de boucler la distance du marathon.
Le paysage est désormais beaucoup plus agréable vers le km 50. Le soleil est maintenant haut dans le ciel. Il n'y a pas encore de fort dénivelé, mais la route n'est jamais plate. La vision de la Mer Egée sur la gauche peut donner des envies de baignade...
Vers le km 50 juste avant le CP N°13 (2007, source: behej.com/clanek)
Un peu après le CP N°13 (2007, source: behej.com/clanek)
La route continue vers l'ouest vers Kineta puis Agioi Theodoroi.

Un petit CP typique - N°20, km 75 (2007, source: ultracorner - flickr)
Les coureurs franchissent ensuite l'isthme séparant l'Attique du Péloponnèse en empruntant le pont au dessus du Canal de Corinthe (km 78,5).
Le Canal de Corinthe vers le CP N°21, km 78,5 (2010, source: johnoregan.blogspot.com)
Peu après (2,5 km), après avoir tourné à gauche on parvient au premier gros poste de contrôle: Hellas Can Factory (CP N°22, km 81). C'est le premier CP où les équipes d'assistance peuvent intervenir.
Hellas Can Factory - CP N°22, km 81 (2007, source: ultracorner - flickr)
Un grand nombre de participants abandonnent à cet endroit car ils ne sont sans doute pas assez ménagés, hydratés, et rafraîchis jusque là et la chaleur a fait des ravages. Une autre cause d'abandon ici est que ce CP est un véritable piège pour des coureurs fatigués: possibilité de s'asseoir à l'ombre, de se faire masser... Il faut prendre son temps pour l'indispensable, mais repartir sans s'attarder!

Barrière horaire du CP N°22 (Hellas Can) :
  • 16H30 (9H30 de course / 81 km)
  • Longueur de la section I : 81 km
  • Temps pour parcourir la section I : 9H30
  • Moyenne horaire de la section I : 8,53 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 8,53 km/h


Section II Corinthe (CP N°22, km 81) --> Némée (Ancient Nemea, CP N°35, km 124)

La route étroite continue en direction du sud, puis vers l'ouest pour traverser Examilia puis l'Ancienne Corinthe.
Ancienne Corinthe - CP N°26, km 93,4 (2007, source: ultracorner - flickr)
Les coureurs passent ensuite à proximité du célèbre site archéologique.
Site archéologique Ancienne Corinthe, km 93,5 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Direction maintenant le nord-ouest, la route traverse désormais une région agricole et est bordée de vignes, d'oliviers, de vergers. Le km 100 est franchi en arrivant à Assos. Nous sommes à peine à 2 kilomètres de la Mer Ionienne. Les coureurs traversent ensuite Zevgolatio avant de se diriger plein sud.
Zevgolatio, avant CP N°29, vers le km 102 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
La route s'élève (de 20 mètres d'altitude à Assos jusque 340 mètres à Némée sur 24 kilomètres) alors que le soleil se couche et que la chaleur tombe enfin et il faudra allumer la frontale.
Les coureurs passent à Halkion et franchissent la moitié de la distance totale avant d'arriver au 2ème gros checkpoint: Némée (km 124).
Halkion, CP N°32, km 113,1 (2007, source: ultracorner - flickr)
Barrière horaire du CP N°35 (Ancient Nemea) :
  • 23H00 (16H00 de course / 124 km)
  • Longueur de la section II : 43 km 
  • Temps pour parcourir la section II : 6H30
  • Moyenne horaire de la section II : 6,62 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 7,75 km/h


Section III Némée (CP N°35, km 124) --> Lyrkia (CP N°43, km 148,5) 

Un peu après Némée, la route est peu entretenue, il y a de nombreux cailloux et nids de poule, il faut faire attention dans l'obscurité. Ca descend un peu avant de remonter (+ 150m d'altitude environ) sur un chemin non asphalté.
De jour, vers le CP N°37, km 130 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
La route, maintenant goudronnée, descend ensuite pour perdre plus de 300m d'altitude, en passant par un des CP les plus animés du parcours: le village de Malandreni.
Malandreni, CP N°40, km 140,2 (2007, source: ultracorner - flickr)
Cela remonte déjà un peu avant d'atteindre Lyrkia, fin de la 3ème section au pied de la grosse difficulté que l'on appelle simplement "La Montagne". Il reste un peu moins de 100 kilomètres...

Il me semble qu'on aperçoit Brigitte Bec sur cette photo.
Lyrkia, CP N°43, km 148,5 (2007, source: spartathlonitis.blogspot.com)
Barrière horaire du CP N°43 (Lyrkia) :
  • 03H00 (20H00 de course / 148,5 km)
  • Longueur de la section III : 24,5 km 
  • Temps pour parcourir la section III : 4H00
  • Moyenne horaire de la section III : 6,13 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 7,43 km/h


Section IV Lyrkia (CP N°43, km 148,5) --> Nestani (CP N°52, km 172)

Après Lyrkia (altitude 240m), la route s'élève fortement (près de 850m de D+ sur 13 kilomètres jusqu'au sommet). La route est bitumée jusqu'au CP N°47 "Mountain Base" (altitude 750m).
Mountain Base, CP N°47, km 159,3 (2007, source: ultracorner - flickr)
Les deux derniers kilomètres d'ascension pour parvenir en haut du col appelé Sangas Pass se font sur un véritable sentier de montagne (plus de 300m de D+ sur ces 2 km, certes à priori de quoi faire rire un trailer averti, mais... avec la fatigue accumulée, le contraste de température, et la foulée rasante répétée inlassablement depuis le départ cela peut faire des dégâts).

Des lampes clignotantes indiquent le chemin à suivre. Il faudra évidemment marcher ici! Au sommet (Mountain Top) se trouve un petit PC de montagne. Il peut y faire très frais, voire froid la nuit. Les rescapés qui parviennent en haut viennent tout juste de franchir le cap des 100 miles. Il reste encore 84 kilomètres à effectuer.
Mountain Top, CP N°48, km 161,3 (2007, source: ultracorner - flickr)
La descente en lacets pour rejoindre le village de Sangas (CP N°49) n'est guère plus aisée (plus de 300m de D- sur 3 km) et peut s'avérer douloureuse pour les quadriceps!
Descente vers Sangas (de jour), CP N°43, vers km 162 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Après Sangas, le ruban de bitume reprend ses droits et la route descend ensuite beaucoup moins brutalement jusqu'à Nestani.

Barrière horaire du CP N°52 (Nestani) :
  • 07H30 (24H30 de course / 172 km)
  • Longueur de la section IV : 23,5 km 
  • Temps pour parcourir la section IV : 4H00
  • Moyenne horaire de la section IV : 5,22 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 7,02 km/h
 

Section V Nestani (CP N°52, km 172) --> Tégée (Tegea - Allea, CP N°60, km 195)

Cette section est relativement plane dans la plaine agricole de Tripolis. Le 2ème jour s'est déjà levé pour les coureurs rescapés du gros du peloton, il est possible que l'aube soit brumeuse.
Entre le CP N°55 et le CP N°56, vers le km 182 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
La route traverse une succession de hameaux et le village de Zevgolatio Arkadia.
Zevgolatio Arkadia, CP N°57, km 186 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
La route continue sans relief particulier jusqu'à Tegea où il ne restera "plus que" 50 km à parcourir.
Alea Tegea, CP N°60, km 195 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Barrière horaire du CP N°60 (Tegea - Allea) :
  • 03H00 (28H00 de course / 195 km)
  • Longueur de la section V : 23 km 
  • Temps pour parcourir la section V : 3H30
  • Moyenne horaire de la section V : 6,57 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 6,96 km/h


Section VI Tégée (CP N°60, km 195) --> Sparte (CP N°75, km 245,3)

Après Tegea, la route s'élève une dernière fois d'un peu plus de 300 mètres en 22 km.
Entre le CP N°61 et le CP N°62, vers le km 200 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Les coureurs traversent les villages de Kamari et de Manthirea (CP N°62, km 202,1) où la route pavée serpente à travers un paysage verdoyant s'étendant à perte de vue.
Small Shop, CP N°65, km 211,7 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Les 28 derniers kilomètres sont quasiment en descente dans la vallée de l'Evrotas à part une légère remontée au niveau du dernier gros CP (Monument, CP N°22, km 222,5).
Monument, CP N°68, km 222,5 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
La route plonge ensuite vers Sparte.
Entre le CP N°70 et le CP N°71, vers le km 232 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Après le village de Voutiani (CP N°72, Gas Station, km 236,2), les coureurs apercevront enfin leur objectif: Sparte.
Gas Station, CP N°72, km 236,2 (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Après avoir franchi la rivière Evrotas (CP N°74, Evrotas Bridge, km 243,5), les valeureux concurrents, sont désormais accompagnés par des enfants à vélo.
Dernière ligne droite avant l'arrivée (source: spartathlonitis.blogspot.com)
Et c'est enfin la délivrance au pied de la statue de Leonidas après 245,3 km et un peu (ou beaucoup) moins de 36 heures d'efforts.
Sparte - Statue de Leonidas, CP N°75, km 245,3 (source: spartathlonitis.blogspot.com)

Barrière horaire du CP N°75 (Sparte) :
  • 19H00 (36H00 de course / 245,3 km)
  • Longueur de la section VI : 50,3 km
  • Temps pour parcourir la section VI : 8H00
  • Moyenne horaire de la section VI : 6,30 km/h
  • Moyenne horaire depuis le départ : 6,81 km/h


    Liste complète des CP (afficher dans Google Maps)
    N° CP Nom CP Dist. du
    départ
    (km)
    Dist. CP
    suivant
    (km)
    Altitude
    (m)
    Barrière
    horaire
    Délai
    maxi
    Moyenne
    générale
    (km/h)
    Moyenne
    section
    (km/h)
    0 ACROPOLE 0 5,6 105 07:00 00:00 - -
    1 Lera Odos 5,6 5,2 40 07:35 00:35 9,60 9,60
    2 Dafni 10,8 4,4 125 08:05 01:05 9,97 10,40
    3 Skaramangas 15,2 5,3 5 08:25 01:25 10,73 13,20
    4 Halivourgiki 20,5 3,7 5 09:00 02:00 10,25 9,09
    5 Elefsis 24,2 3,2 10 09:25 02:25 10,01 8,88
    6 Petrola 27,4 3,1 5 09:50 02:50 9,67 7,68
    7 Loutropyrgos 30,5 3,0 25 10:10 03:10 9,63 9,30
    8 N. Peramos JetOil 33,5 3,1 5 10:30 03:30 9,57 9,00
    9 Nea Peramos EKO 36,6 3,4 10 10:50 03:50 9,55 9,30
    10 MEGARA 40,0 3,5 15 11:15 04:15 9,41 8,16
    11 Megara BP 43,5 3,4 30 11:40 04:40 9,32 8,40
    12 Prokat 46,9 3,1 50 12:05 05:05 9,23 8,16
    13 Hotel Kokkinis 50,0 3,2 50 12:25 05:25 9,23 9,30
    14 Kinetta 53,2 2,5 35 12:50 05:50 9,12 7,68
    15 Kinetta Zorbas 55,7 3,1 25 13:10 06:10 9,03 7,50
    16 Kinetta Bus Stop 58,8 3,1 15 13:35 06:35 8,93 7,44
    17 Hotel Saigas 61,9 4,4 5 14:00 07:00 8,84 7,44
    18 Agii Theodori 66,3 4,5 10 14:30 07:30 8,84 8,80
    19 Motor Oil Refines 70,8 4,2 20 15:05 08:05 8,76 7,71
    20 Kerafina Factory 75,0 3,5 5 15:40 08:40 8,65 7,20
    21 Corinth Canal 78,5 2,5 55 16:15 09:15 8,49 6,00
    22 HELLAS CAN 81,0 3,2 75 16:30 09:30 8,53 10,00
    23 Papafili Mills 84,2 4,0 100 16:55 09:55 8,49 7,68
    24 Examilia 88,2 3,2 85 17:25 10:25 8,47 8,00
    25 Corinth-Tripolis 91,4 2,0 80 17:55 10:55 8,37 6,40
    26 Ancient Corinth 93,4 4,1 80 18:15 11:15 8,30 6,00
    27 Mrs Screech's Villa 97,5 3,0 25 18:50 11:50 8,24 7,03
    28 Assos 100,5 2,0 20 19:15 12:15 8,20 7,20
    29 Zevgolatio Corinth 102,5 3,7 35 19:40 12:40 8,09 4,80
    30 Small Church 106,2 3,8 95 20:15 13:15 8,02 6,34
    31 Soulinari 110,0 3,1 150 20:50 13:50 7,95 6,51
    32 Halkion 113,1 3,9 185 21:20 14:20 7,89 6,20
    33 Low Farm-House117,0 3,4 260 21:55 14:55 7,84 6,69
    34 Big Tree 120,4 3,6 300 22:25 15:25 7,81 6,80
    35 ANCIENT NEMEA 124,0 3,6 335 23:00 16:00 7,75 6,17
    36 Oasis Restaurant 127,6 2,0 320 23:40 16:40 7,66 5,40
    37 Church, V Junction 129,6 3,4 335 00:00 17:00 7,62 6,00
    38 Underground Pass. 133,0 3,0 450 00:35 17:35 7,56 5,83
    39 Small Shrine 136,0 4,2 300 01:10 18:10 7,49 5,14
    40 Malandreni Village 140,2 3,2 225 01:50 18:50 7,44 6,30
    41 Lyrkia junction 143,4 2,6 145 02:15 19:15 7,45 7,68
    42 Pros Lyrkia 146,0 2,5 180 02:40 19:40 7,42 6,24
    43 LYRKIA 148,5 2,9 240 03:00 20:00 7,43 7,50
    44 Dry Watercourse 151,4 2,7 250 03:30 20:30 7,39 5,80
    45 Kapareli 154,1 2,9 370 04:00 21:00 7,34 5,40
    46 Water Small Spring 157,0 2,3 560 04:35 21:35 7,27 4,97
    47 Mountain Base 159,3 2,0 750 05:10 22:10 7,19 3,94
    48 Mountain Top 161,3 3,0 1060 05:50 22:50 7,06 3,00
    49 Sangas Village 164,3 3,0 740 06:25 23:25 7,02 5,14
    50 Gas Installations 167,3 2,7 640 06:50 23:50 7,02 7,20
    51 Air Bridge 170,0 2,0 640 07:10 24:10 7,03 8,10
    52 NESTANI 172,0 3,7 685 07:30 24:30 7,02 6,00
    53 X-Roads 175,7 1,9 635 08:00 25:00 7,03 7,40
    54 Ghiosa Tavern 177,6 1,9 645 08:20 25:20 7,01 5,70
    55 Underground Pass. 179,5 3,9 645 08:40 25:40 6,99 5,70
    56 Bus Stop Stand 183,4 2,6 650 09:20 26:20 6,96 5,85
    57 Zevgolatio Arkadia 186,0 3,1 645 09:45 26:45 6,95 6,24
    58 T-Junction 189,1 2,4 655 10:15 27:15 6,94 6,20
    59 Small Farm 191,5 3,5 660 10:35 27:35 6,94 7,20
    60 TEGEA – ALLEA 195,0 3,3 670 11:00 28:00 6,96 8,40
    61 BP Gas Station 198,3 3,8 665 11:40 28:40 6,92 4,95
    62 Manthyrea 202,1 3,9 835 12:10 29:10 6,93 7,60
    63 Gas Station ELDA 206,0 3,0 905 12:55 29:55 6,89 5,20
    64 R. Christoparadisos 209,0 2,7 860 13:30 30:30 6,85 5,14
    65 Small Shop 211,7 3,3 880 13:50 30:50 6,87 8,10
    66 Small White Shrine 215,0 3,6 900 14:20 31:20 6,86 6,60
    67 Bare Land 218,6 3,9 865 14:55 31:55 6,85 6,17
    68 MONUMENT 222,5 3,8 760 15:30 32:30 6,85 6,69
    69 Modern House 226,3 3,7 805 16:05 33:05 6,84 6,51
    70 Bare Land 230,0 3,0 680 16:35 33:35 6,85 7,40
    71 Two Houses 233,0 3,2 595 17:05 34:05 6,84 6,00
    72 Gas Station 236,2 5,2 465 17:35 34:35 6,83 6,40
    73 Kladas 241,4 2,1 220 18:15 35:15 6,85 7,80
    74 Evrotas Bridge 243,5 1,8 195 18:40 35:40 6,83 5,04
    75 SPARTA 245,3 - 210 19:00 36:00 6,81 5,40